Skip to content
Narrow screen resolution Wide screen resolution Auto adjust screen size Increase font size Decrease font size Default font size

Sauveterre de Guyenne - Le Ptit Sauveterrien

Accueil arrow Actualités Sauveterre arrow Profusion en perfusion.
Profusion en perfusion. Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Marcel Cassoudebat   

Profusion généreuse de théâtre en perfusion.

Patrick m’avait demandé en passant. Comme ça. J’avais dit oui en chantant. Comme ça.
Il m’a relancé pour voir si…j’ai dit ça mûrit.
Il fallait un déclic. Je l’eus sans prendre de claques, bien évidemment et sans que ce pâle soleil d’août ne parsème ma  peau de cloques.

Des « ic », des « ac » des « oc » nous étions au cœur du problème. De la problématique disent, maintenant, l’air docte et empesé tous les experts de tout poil.
Donc, j’eus ce déclic quand, me baladant dans Sauveterre, j’entendis, venant de la cour de l’Ecole Primaire, des rires déployés.

Hallucination, non ! Insolation, non ! Acouphènes, non ! Les rires étaient là présents, omniprésents. Stridents et joyeux. Des rires clairs et généreux.
Je secouai la tête, essayant de rassembler mes souvenirs. Rien. Vide et consternation. Je continuai donc mon errance en sifflotant le boléro de Ravel, absent mais troublé par une présence intérieure.
Sur la place, je m’assis sur un siège me donnant, à l’abri d’un arbre planté, une ombre à venir et là …tilt, banco, youppie !!! réponse : Sauveterre fête ses vins, en juillet, théâtre, rue, cour de l’Ecole, rideau, bancs, RIRES, RIRES.
Ah, le bougre, là j’y étais. Oui, ce samedi la Compagnie Bougrelas ( facile, non !)…et ce dimanche là, la Compagnie du Terrain Vague – Terrain Vague, une Ecole ! -ont occupé la cour de la susdite. Quelques musiques sur fond de marché, si nous osons le raccourci des deux spectacles.
Mais est-il bien intéressant de vous narrer les deux représentations, ou est-ce la spécificité du théâtre de rue et de son impact direct sur le quidam qui est significatif ?

portrnport_von.jpgQue le premier nous offre dans une suite burlesque et décalée des musiques classiques interprétées au chants, aux sons, aux voix, avec quelques instruments… par trois jeunes femmes en butte avec leur propre histoire venant s’intercaler et interférer dans le « concert » qu’elles proposent avec l’aide obséquieuse, mielleuse, suintante, empesée d’un factotum se transformant au rythme de la pièce en Monsieur Loyal, Monsieur Cuisinier, Monsieur Mécanicien, Monsieur Porteur d’instruments…est une chose.


portrnport_marcel.jpgQue le second, dans un rythme fou nous emmène sur le marché de Sauveterre et nous vende les pâtés, du jambon, de saucisson, du boudin…prépare avec force délicatesse, après avoir serti les boîtes de conserve, la commande de Monsieur Le Maire… déplace de 80 cm le fourgon qui doit obtempérer à l’injonction catégorique d’un arrêté municipal…se délecte de souvenirs…se conditionne avec des moyens d’enfants nés du rêve et de la poésie à lutter contre le super, hyper,méga marché qui va s’installer …est une autre chose.

Mais l’important dans ce théâtre là, c’est que, à Sauveterre, à deux mètres de soi, on a des comédiens qui inventent, créent, montrent, suent, sourient , échangent, font participer dans un décor habituel. En direct, de visu improvisant avec le moment, l’instant, le souffle sur une trame précise, millimétrée. En vrai, sans artifice. Du grand art.

Un théâtre de bateleurs qui permet de renouer avec les faits de la vie courante, dans lesquels on se retrouve, on se moque, on s’ « auto-sourit », on s’évade, on rit, on rêve, on chante, on est.

Qu’il était délicieux d’être les 28 et 29 juillet à Sauveterre, dans la cour de l’école à applaudir ces saltinbanques ! Expérience à renouveler.
Ils sont en cœur dans un Terrain Vague de Bougrelas. Nom de Zeus !!!

Marcel Cassoudebat