L’école du mépris, Retour sur l’enseignement de la morale civique pendant la Troisième République
Introduction
À l’heure où le ministre Xavier Darcos tente de réintroduire dans les programmes scolaires des cours de morale et de civisme, il n’est pas inutile de démystifier ce que furent en réalité ces enseignements dans le passé. Or, deux auteurs se sont penchés sur de vieux manuels d’instruction civique , et le résultat est accablant.
Ecrit par Chossudovski Michel. Etude de Global Research
Traduit par Dany Quirion pour Alter Info En cette époque d'après-guerre froide, l'humanité est confrontée à une crise économique et sociale d'une ampleur sans précédent et qui entraîne un appauvrissement rapide de larges secteurs de la population mondiale. Les économies nationales s'effondrent, le chômage est endémique. Des famines se déclarent en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines parties de l'Amérique latine. Cette « mondialisation de la pauvreté, » qui a annulé bon nombre des progrès de la décolonisation d'après-guerre, a commencé dans le tiers-monde avec la crise de la dette du début des années 1980 et l'imposition des réformes économiques meurtrières du Fonds monétaires international (FMI).
Il arrive que nous restions muets devant le malheur, quand il surgit des entrailles de la terre : une éruption volcanique, une vague géante qui submerge des villages et emporte des milliers de vies humaines. C’est ce qu’on appelle une catastrophe naturelle, souvent imprévisible. Mais rien n’est moins naturel que la catastrophe qui frappe depuis quelques jours Haïti, l’Égypte, le Bangladesh, la Guinée, le Maroc, la Mauritanie, le Mexique, le Sénégal, et jette dans les rues des milliers d’affamés. Elle est le prolongement désespérant de l’ordre habituel du monde. Rien n’est plus inhumain et rien donc n’est plus humain. Tout était prévisible. Voici presque un an, Politis publiait, il faut bien le dire, dans l’indifférence générale, un cahier spécial qui annonçait ce qui arrive aujourd’hui.
Les révoltes dans divers pays révèlent une crise alimentaire mondiale qui s’installe sans doute pour une longue période, à défaut de changement radical d’orientation.
Nous ne sommes pas dans une situation de pénurie mondiale. Quoique extrêmement faibles, les stocks sont encore suffisants pour faire la jonction entre deux récoltes. Mais l’accès à l’alimentation des populations s’est dégradé brutalement face à une augmentation considérable des prix. Elle aggrave encore la situation actuelle (20 000 morts par jour, près de 900 millions de personnes souffrant de malnutrition dont 80% de paysans).